Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 14:43

Déjà pour moi ce GR ne commençait pas comme les précédents, en effet, j'échappais cette année à l'omnibus de la colo et avait le privilège d'aller au départ avec Damien et Vincent, conduit par Hervé. Un grand merci Hervé, car c'est sûrement grace à toi et ta bonne humeur que j'ai pu faire un bon départ. Je passe sur l'ambiance de oufs dans la voiture pour aller à St Philippe mais qui m'a permis de dédramatiser l'évènement. En plus, cela nous a permis de ne pas passer trop de temps sous la pluie.
J'avais décider de prendre le départ avec Damien et Vincent pour pouvoir m'extirper du stade jusqu'à la route forestière et suite garder mon rythme. Ce que je n'avais pas prévu, c'était de les perdre en arrivant dans l'aire de départ.

Je décide donc sans m'affoler de me mettre un peu à l'écart mais pas trop loin de la grille, même pas peur. Moi qui avait décidé de faire un GR enfin tout seul, je ne pouvais pas être mieux servi.

Le départ est donc donné sous des trombes d'eau et à la surprise générale, je démarre plutôt bien avec de bonnes sensations malgré les conditions dantesques. Arrivé sur la route forestière je m'aperçois que je suis juste derrière Philippe Chesnois et je me dis que si il est toujours sponsorisé par Massey Fergusson, ça peut être une bonne idée de le suivre. On arrive donc ensemble au kiosque du sentier. Suite au conseil de mon mentor, Joël, je ne m'attarde pas au ravito car depuis le départ je me ravitaillecorrectement et n'ai pas de besoin particulier. J'ai perdu Philippe mais il fallait s'y attendre.
J'attaque donc le sentier toujours avec les mêmes sensations et un moral d'enfer. Chose nouvelle pour moi, je sors du sentier en pleine nuit pour la première fois en 3 GR et je pointe donc avec plus d'une heure d'avance sur 2007 au Volcan.
J'aurais presque envie de m'arrêter pour me regarder courrir (en fait je le ferais plus tard). Après un super ravito assuré par Marie Agnès, je repars. Le soleil étant de la partie, le moral est toujours au beau fixe.
J'arrive à Mare à Boue en conservant mon heure d'avance et comme je ne m'attable plus au ravito je sais que je vais gagner encore du temps (sur mes 2 précédents GR j'avais tendance à demander la carte plutôt que commander le plat du jour et c'est fou ce que le service est lent...). J'en oublie même de voir Stéphane. Premier petit désagrément, dû à mon inexpérience, je voulais changer de chaussettes mais celles qui étaient dans mon sac, étaient...trempées.
J'attaque donc la montée vers Kerveguen avec un moral toujours au beau fixe, surtout que j'ai de temps en tant des sms ou des appels de Nath et des enfants qui me surmotivent.
Comme tout le monde, un petit coup de mou dans la montée mais qui n'atteint pas mon moral. Heureusement car l'arrivée au gîte est à la hauteur du départ, tempête, manque que la neige.
La descente s'annonce périlleuse et spectaculaire. Candéloro n'a qu'à bien se tenir...
D'ailleurs les problèmes qui me permettront de me distinguer dans le Colorado vont commencer là.
Malgré tout j'arrive avec 2 heures d'avance à Cilaos je retrouve sans difficulté le stand A2R car en plus Siméon et Renan viennent me chercher avec une banderole à faire mourir d'envie les autres raiders, merci les gars vous avez été formidables. Voir Joël me réconforte aussi beaucoup car c'est lui qui me prend en charge complètement, me change, me soigne les pieds et surtout me coache pour la suite, aidés par les parents de Seb.
Et là chose extraordinaire, il fait encore jour quand je quitte Cilaos.
J'enchaîne Bras Rouge, Taïbit sans trop de difficulté mais au moment de basculer de l'autre côté une douleur fulgurante dans mon genou droit
Et donc le début du calvaire mais je ne le sais pas encore.
N'ayant toujours pas dormi depuis le départ je me ferais bien une petite sieste à Marla mais je n'y reste que 5 minutes car je tremble dans ma couverture de survie et décide donc tant bien que mal de tenir jusqu'à Roche Plate motivé par l'idée d'atteindre le mythique ravito qui est largement à la hauteur de sa réputation inter galactique (merci Jean louis, je revote pour toi pour chef de village l'année prochaine). De plus l'avis de Doc et ses médocs me sont également d'un grand secours pour la suite.
La descente vers la rivière se passe mieux que je ne le pensais, il faut dire que j'ai dormi un quart d'heure et ça m'a fait du bien. En revanche la Roche Ancrée est un enfer, en plus j'ouvre la marche pour 5 abrutis qui ne prendront jamais le relais et me laisseront devant jusqu'à ce que je craque (Vincent, je pense qui si tu avais été là une petite "générale" ne nous aurait pas déplu).
Mon genou me fait vraiment mal dans les descentes et je commence à réaliser que ça va être comme ça jusqu'au bout et qu'il va falloir serrer les dents car me connaissant, je sais que je ne lâcherai rien surtout que je peux encore être dans les 48h fixées.
Malgré tout j'arrive relativement bien à Aurère, après m'être fait enfumé par Tierry Técher à Ilet à Malheur.
Vu les circonstances je trouve que je ne m'en sors pas trop mal dans la descente jusqu'à la rivière et au 2ème passage de gué ou la catastrophe arrive, je glisse sur un galet et met un pied dans l'eau et là je me rappelle que ma mère m'avait dit "tu seras un homme mon fils" donc je ne crie pas mais la douleur est insoutenable. Je rallie tant bien que mal le poste et vais directement voir les podologues qui heureusement ne sont pas débordés.
Ils décident de photographier mes pieds, ce qui me rassure moyen, et me soignent en disant que ça tiendra jusqu'à La Redoute. Donc le moral remonte en flèche et je ne reste finalement que 45 mn.
La montée de Dos D'Ane se fait tipa tipa mais je suis toujours dans les temps et l'exploit est toujours réalisable.
Joël me double à mi parcours et au lieu de m'anéantir cela me motive encore plus.
Arrivée à Dos D'Ane, je retrouve nos ravitailleurs dont Marie Agnès et Flo dont la pêche est communicative et puis Dany, mon ami (si, si Dany...) celui qui m'a donné envie de faire ces folies.
Je me fais faire un méga strap au genou, je reprends un médoc et c'est reparti pour la dernière ligne droite et là les chronos parlent d'eux mêmes....
Si quelqu'un connaît quelqu'un au Guiness, ça m'intéresse... Je vous ne raconterai pas mon calvaire, Damien évoque le sien, et c'est vachement similaire, avancer pierre par pierre sans avoir l'impression de progresser. Je pense avoir expérimenté la douleur et ne suis pas sûr de vouloir renouveler l'expérience, (pas du Gr mais de la souffrance) mais je sais jusqu'ou je peux aller.
Mais quelque part au fond de moi je me dis que ça valait le coup.
Merci à mon fils Mathieu qui est venu me chercher pour faire les 100 derniers mètres du sentier, à Nat, Noélie et Marie et puis à tous les potes, ravitailleurs et coureurs car c'est aussi pour ça qu'on remet le couvert à chauqe fois.

Philippe GUERIN

Par Thierry
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 15:16
Cette année, fait exceptionnel, j'ai embarqué mon téléphone cellulaire "à bord de mon camel". Autant qu'il ait servi à quelque chose : il sera donc mon lien avec le monde extérieur... Récit !

- Quelques minutes avant minuit, trempés par de tonnes de litres d'eau
Tu m'entends ??? Moi, non, c'est un vétiable déluge, j'ai jamais vu ça en 9 Grand Raid, ça promet pour la suite... Oui, je me suis abrité sous 2 vieilles branches, le grand Stef et Vincent. A eux deux, ils doivent mesurer dans les 4 mètres. Damien est avec moi, on est prêts.

- 0h00, du côté de Saint Philippe
C'est encore moi. Juste pour dire qu'on est parti, ça pousse dans tous les sens, te rappelles plus tard, quelle cohue !

- Vers les 1h40, fin de la route forestière, début du sentier
Je suis avec le Grand Stef. Il a plu tout du long de la route mais là, c'est mieux, temps sec. Les jambes ont l'air d'aller bien, on a un peu discuté avec Stef. Belle partie de plaisir. Je n'ose le lui dire mais son visage est marqué. Léger sur-régime, va falloir qu'il gère tranquille son ascension. Pour moi, c'est du bonheur, je dois être dans les 250 et j'ai de bonnes sensations. A tout ma poule !

- 4h59' au Volcan, 136ème
Oui, je suis au Volcan... comment ça déjà ? tu me prends pour une bille ? Oui, je sais 15' d'avance sur 2008 mais tu m'aurais vu dans le sentier, régulier, sans à coup, tout en douceur... Je me suis bien plu... Non, il pleut plus... Comment ça t'entends rien, ouais  à tout à l'heure. (Et moi qui avait plein de choses à raconter !).

- 7h15', Mare à Boue, 106ème
Tu m'entends mieux ? Bon, j'espère parceque si tu veux savoir comment ça se passe, tu vas sur le site de F. Perrault, et tu sauras tout. Et oui, je lui ai livré mes impressions... comment ça j'ai un contrat d'exclusivité avec toi ? Non, mais t'as payé combien ? Moi aussi je t'em...brasse (Pffft, j'avais encore plein de choses à dire !)

- 9h56', Gîte du Piton des Neiges, 94ème
C'est moi, oui ça va, t'es calmée ? Moi aussi, la dernière ascension vers le gîte m'en a mis une derrière les oreilles... Je suis crâmé. J'ai eû de supers jambes jusqu'à la bifurcation Kervéguen puis la panne. Mais c'est normal, j'ai pas mal donné depuis ce matin, faut bien le payer à certains moments. Oui, nickel, j'ai 30' d'avance sur 2008, ouais, je calme, t'inquiètes. Prépares l'accueil à Cilaos, je vole.

- 11h07', Cilaos, 91ème
Comment ça que 3 places ? Tu veux qu'on échange les rôles ? J'ai mon TFL qui me fait bien souffrir, c'est pas bon signe. Par bonheur, mes Hardrock Montrail m'attendent de "pieds fermes" en bas, cela devrait s'arranger mais le doute m'habite... Non, en un seul mot. Oui, préviens les parents, enfants et dalons d'A2R, Jo et Yan. Me voilà !

- 11h22', Cilaos départ, 79ème
C'est dur de quitter les siens. Ils m'ont fait un bien fou. 12 places de gagner en se contentant de ne pas flémarder, c'est cool. (Un des secrets du GR réside dans la gestion des ravitaillements, preuve en sera faite sur cette course). Oui, j'attaque Bras Rouge, il fait pas trop chaud et je suis bien. Et oui, les GR se suivent et ne ressemblent pas. Attends, on me cause.. Tu veux du PQ ? Ok, je te donnes quelques feuilles.. le temps de mettre la main dessus... Merde, ma pharmacie a disparu... Christ - straping du genou - pharmacie encore sur le ravito... CATASTROPHE. J'ai laissé une partie de mes affaires à Cilaos : sifflet, comprimés, bande élasto et PQ. Je suis donc virtuellement OOR. Quoi, qu'est ce que ça veut dire O.O.R., Out Of Race, c'est pourtant pas du chinois ! Oui, je continue. Si je suis contrôlé, je suis O.O.L. (hors la loi, quoi)

- 12h47', Pied du Taibit, 68ème
2' pour te dire que ça gaze... mais non, j'ai pas de problème de bide, ça trace c'est tout... Non, pas de diarhées, pourquoi tu me parles de ça. Bon, je raccroche, j'ai un Taibit à grimper !

- 14h30', Marla, 63ème
1h00 d'avance sur l'an passé, c'est magique. J'ai pas mal ramassé sur le Taibit mais j'ai pu gérer. Pas trop de dégâts et le moral au plus haut. Même sans être génial, je reprends des places. Y a pas mal de dégâts devant, ça casse dur. Je prends une soupe et j'y retourne.

- 16h56', Roche Plate, 56ème
Pfft...je suis là, pffft,...j'en bave vraiment. Plus trop de mental, heureusement que j'approche du ravito magique estampillé A2R. Jean Louis, le Doc, Nadine and Co doivent s'affairer. Je viens de passer Jacky MURAT, quel modèle de longévité, et Claude ESCOTS, qui a complètement explosé dans Mafate. Oui, j'avance moins vite mais j'ai plus trop de jambes. Mon estomac fait des siennes, je suis barbouillé. Te laisse, j'entends des applaudissements plus bas, j'arrive à RP.

- 19h13', Grand Place, 49ème
Non, c'est la cata ! plus de jambes, plus d'envie, je vais attendre le grand Stef comme prévu. Comment ça il est 2h30' derrière, qu'est-ce qu'il fabrique ? il a decidé de faire du tourisme ? J'ai vomi deux fois dans la descente de Roche Plate et j'ai rampé vers la roche ancrée. Les autres ? comment ça les autres mais on s'en fout des autres ? Oui, ok, je me calme. Désolé mais le mental n'y est plus. D'accord, je prends du Prinpéran à Grand Place et je repars tout doux. Façon, je peux pas faire plus.

- 21h25', Aurère, 45ème
Super, je te remercie. Excuses ma mauvaise humeur de la Roche Ancrée mais je n'y étais plus mentalement. Pas de motivation, pas d'envie de me dépasser. J'ai encore la course des Pyrénées dans la tête, plus que dans les jambes d'ailleurs. Là, ça va franchement mieux. Je fais équipe avec Olivier, on va essayer de rester ensemble jusqu'au bout et passer en dessous des 30heures. Olivier, c'est qui ? Non, tu le connais pas... ah, si ! c'est Mr PQ...

- 22h48', Deux Bras, 42ème
On remonte gentiment quelques places mais ça devient rude. Je n'ai pas mon légendaire "coup de rein" de fin de parcours. Faut faire avec les moyens du moment, je vais gérer jusqu'au bout en évitant les défaillances. J'ai encore une belle avance sur mon temps 2008 (quasi 1h), ça devrait le faire. Attends, 30'', y a plein de caméras qui viennent vers moi. Je te laisse, le devoir m'appelle !

- 22h55', Deux Bras, 43ème
Oui, je suis reparti avec une place de moins. Quoi, les caméras, qu'est ce qu'on s'en fout des caméras ! Je suis là pour faire une course moi, pas pour faire de la comm'... Non, c'est après C. BENARD qu'ils en avaient. D'ailleurs, je suis à ses côtés pour la montée de Dos d'âne. Elle cause au téléphone, je croyais que c'était interdit moi... Tu veux écouter ce qu'elle dit, mais c'est que tu es curieuse toi. Bon, ok, un instant alors :" ... 10', i sa mang a moin". Voilà, ça suffit. Je crois qu'elle parlait de la deuxième féminine qu'il lui file le train. On devrait assister à un combat des chèfes dans la dernière ascension. Oui, je te tiens au courant. Quelle curieuse !

- 1h02', Dos d'âne, 42ème
Suis presqu'arrivé... viens de passer l'église. Stef est avec moi, c'est super sympa d'avoir fait le déplacement, vu l'heure. Ouais, il t'embrasse aussi. Ras le bol, cette fin de GR est éprouvante, les jambes vont pas trop mal, c'est toujours la tête. Tu voudrais pas me balancer une petite chansonnette. Quoi, ton forfait ? Après minuit, ça compte plus... Tiens, voilà la première féminine qui passe... sacré foulée. Bravo Madame. C. BENARD a disparu mais elle ne devrait pourtant pas être bien loin. La voilà, 6', c'est rien du tout. Bon, je raccroche. Je te rappelle d'ici 3h, le phone ne passe pas bien dans les hauts. A tout ma poule.

- 4h39', Colorado, 36ème
Comment ça, je suis en retard, t'en as de bonnes toi. Tu m'aurais vu sur la crête de Dos d'âne, dans le piton Bâtard, sur la route de Plaine d'Affouches... Pitoyable ! j'avançais à 2 à l'heure, accouchement dans la douleur, aux forceps. J'en pouvais plus, seule l'idée de couper le ruban sous la barrière des 30h me faisait avancer. Je crois que je tiens mon objectif, j'ai 1h20 pour accomplir les 5 derniers kms (et à moins de m'appeler Philippe...). Je dois plus être très loin de toi. Tu es où ? Près du pk ? j'arrive ma belle, quel bonheur de te revoir. Olivier est avec moi, on va finir ensemble comme prévu depuis Marla, c'est beau, non ?
Allez, on se lâche, quelques rondelles de saucisson, des noix de cajou et en avant pour la dernière descente. Faut pas trop chômer car je sens qu'on revient sur nous.

- 5h36', La Redoute, 37ème en 29h36' donc !
Yes, Yes, Yes. On y est, on l'a fait, on s'est détruit mais c'est gagné. Je savoure ces quelques secondes à parcourir les derniers mètres avec les enfants, près de ma dulcinée, de mes parents, de mes amis (merci Aline d'être présente). J'ai réussi mon pari un peu fou d'enchaîner deux ultras en deux mois, l'ultra trail des Pyrénées et ce Grand Raid, mon 9ème.  Cette expérience reste unique, fabuleuse. Je jubile intérieurement, je me sens vidé mais tellement heureux... Juste le temps de prendre mon téléphone et de remercier :

- mon interlocutrice, celle qui a supporté mes sautes d'humeur et qui accèpte une rivale dans sa vie : la course d'ultra.
- mes parents, mes enfants pour leur soutien sur la course et ma famille qui m'a suivi à distance.
- mes potes d'A2R, leur fabuleux esprit d'équipe, de solidarité, de convivialité.
- mes proches qui m'ont encouragé.
- petite pensée spéciale à Florent, qui prête son corps pour la science, et qui n'a pu être présent sur cette édition.

En 2010, mon tour est venu de me mettre au service de mes dalons d'A2R. C'est promis, je serai là pour vous ravitailler.


Seb
Par Seb - Publié dans : Récits de courses
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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /2009 16:39
Il est minuit dans le stade de Cap Méchant à Saint Philippe. 2 500 fous sont parqués sous une pluie battante et attendent la délivrance : le départ pour une aventure de 150 kilomètres et environ 9 000 mètres de dénivelés positifs à travers les paysages montagneux de La Réunion. Je me souviens qu'il y a un an de cela, j'avais oublié ce que signifiait faire du sport et que j'enfilais les paquets de cigarettes à la place des tours de piste à Champs Fleuri. Merci les gars de m'avoir emmené jusque là ! Le départ approche. Dernières tapes dans les mains à Séb, Vincent et au Grand Stéph' et c'est parti. Première grosse émotion... Je n'essaie pas de suivre le grand Stéph et Séb' et nous prenons un petit rythme tranquille avec Vincent. On se perd un peu de vue et j'entame seul le sentier vers Foc Foc après 1h50. La pluie qui tombe toujours ne gêne pas trop l'ascension qui se fait à un rythme régulier malgré quelques légers ralentissements. Peu avant Foc Foc j'entends la voix de Vincent derrière moi. Voilà une bonne nouvelle, il n'était pas loin ! On pointe en un peu moins de 6 heures au volcan (à la 484ème place). Pile dans les temps. Le jour s'est levé et les nuages ont mis les voiles. Quel privilège de courir sur les bords de l'enclos et sur la plaine des Sables. J'en profite pour en prendre plein les yeux tant que je suis encore frais. Lors de la montée vers l'Observatoire Sainte-Thérèse, je rejoins Marie Glasenapp avec qui j'échange quelques mots. Je la laisse ensuite filer dans la descente vers Mare à Boue : elle finira de toutes façons bien loin devant moi. Moi qui appréhendais pas mal la portion vers Mare à boue, je suis agréablement surpris. Pas la moindre trace de flaque d'eau. La traversée des pâturages est donc plutôt agréable. Le petit tronçon de bitume avant l'arrivée au ravitaillement ne plaît pas trop à Vincent, mais cela ne nous empêche pas d'arriver à bon port après 8h45 (464ème) En passant au pointage l'odeur du poulet grillé me chatouille les narines. J'en prends une assiette et me pose pour manger un peu. Je m'allonge deux minutes pendant que Vincent essaie de soigner des débuts d'ampoule avant de repartir et de saluer Stéphane L. venu à notre rencontre avec son gros appareil photo. Clic Clac, quelques photos pendant que nos têtes sont encore présentables et, hop c'est reparti à l'assaut du gîte du Piton des Neiges. Cette ascension sera pour moi très très difficile : je n'ai plus de force dans les jambes. Est-ce le poulet de Mare à Boue qui passe mal ? Les suites du petit coup de froid ressenti au volcan ? Je n'en sais trop rien. Toujours est-il que je m'arrête cinq minutes dans la montée pour essayer de m'alimenter calmement. Je repars et rejoins Vincent un peu plus loin qui m'a attendu à Kerveguen en soignant son ampoule. Nous pointons au Gîte du Piton des Neiges après 12h30 de course en 503ème position. Nous avons donc perdu quelques places dans l'affaire. L'infirmier du SAMU présent au poste doit sans doute voir que je suis un peu "palot" et me propose de m'abriter du vent quelques minutes sous la tente et de me faire masser deux minutes. J'accepte volontiers sa proposition et nous repartons après ce massage salvateur. Dès le début de la longue descente vers Cilaos qui nous fait passer de 2 500 mètres à 1 200 mètres d'altitude, je sens que la forme revient. Nous descendons donc à un bon rythme. Personne ne nous doublera et nous avalerons une trentaine de coureurs. Au pied du sentier, les trois kilomètres de bitume nous permettent de rejoindre le stade de Cilaos où nous attend, après un petit passage chez le podologue, l'équipe A2R et les copains qui partiront le lendemain pour le semi raid. C'est agréable de n'avoir rien à faire : et vas-y que je te remplis tes bidons, et vas-y que je te prépare ton sac, et vas-y que je te demande si t'as besoin de rien. Finalement, il n'y aura que le changement de chaussures que j'aurais fait moi même ! Un vrai stand de Formule 1 ! Joël nous met ensuite presque dehors. nous intimant l'ordre de ne pas traîner. Un passage par le ravitaillement pour avaler un peu de pâtes et de soupe et c'est reparti avec 50 places de gagnées entre l'entrée et la sortie du stade. Dans la descente vers Bras Rouge, mon genou gauche m'envoie un premier signal. Ce n'est pas encore douloureux, mais je sais que cela finira par le devenir. J'essaie de chasser cette perspective de mon esprit au moment où on entame la remontée. Arrivée au pied du Taïbit, Vincent et moi ressentons tous les deux le besoin de nous arrêter quelques minutes. Je m'assois sur une chaise et rumine contre ce satané genou qui est décidément mon talon d'Achille (oui, c'est phrase n'est anatomiquement pas très correcte...). Nous repartons mais au bout de quelques hectomètres de montée, Vincent doit s'arrêter pour régler quelques problèmes gastriques. La pluie a repris, il fait froid, il me dit de ne pas l'attendre. Je lui dis qu'on se retrouvera sans doute d'ici Marla puisqu'il semble jusque là avoir de meilleures jambes que moi. Au tiers de la montée, je trouve un bâton parfaitement adapté et décide de l'utiliser pour soulager dès maintenant mon genou. Il m'accompagnera finalement jusqu'à la Plaine d'Affouches me causant de grosses ampoules à la main ! A l'aide de mon bâton de fortune, j'effectue le reste de la montée à un très bon rythme et double beaucoup de monde. Arrivé au sommet, je bascule dans Mafate sans perdre une seconde : il fait froit et la nuit ne va pas tarder à tomber ! J'arrive à Marla (km 82) en 370ème position après 18h30 de course. Je décide de prendre le temps de me restaurer un bon quart d'heure (le "solide" ne passe plus trop, je me contente de soupe) pour voir si Vincent va arriver. Aucune trace de lui. Dommage, je repartirai tout seul alors que la nuit commence à tomber et que je rallume la frontale. Commence alors la partie du Grand Raid que j'aurais préférée. Pendant la dizaine d'heures que va durer ma traversée nocturne de Mafate, la forme est tellement bonne que j'en oublierai mon genou pourtant de plus en plus préoccupant. Je pointe ainsi en 333ème position à Trois Roches puis en 315ème place à Roche Plate (km 95) où je retrouve l'équipe de ravitaillement A2R de choc dirigée de main de maître par Jean-Louis. Le Doc m'inspecte le genou et me donne un anti-inflammatoire pour me soulager. Nadine me dit que j'ai l'air d'avoir la forme... Cela fait plaisir car je pensais plutôt avoir une mine défaite. Je repars revigoré : cela fait du bien de voir quelques têtes connues car je me sentais un peu seul depuis que Vincent n'était plus dans mes traces ! La longue descente après Roche Plate n'arrange pas l'état de mon genou. Une fois la rivière traversée, je sais qu'un gros morceau m'attend : la Roche Ancrée. Il n'y a qu'à lever la tête pour apercevoir la lumière des frontales très haut dans le ciel pour se dire que cela va être raide ! Je m'assois deux minutes, avale difficilement un gel, bois un coup et emboîte le pas d'un raideur qui passe devant moi. Lui aussi appréhende cette difficulté et je lui propose donc de la faire à deux, sans se presser, à un rythme régulier. Et finalement, cela se passera plutôt mieux que ce que nous craignions tous les deux. Parvenus en haut, nous jetons un regard derrière nous et, à notre tour, nous plaignons les raideurs dont les lampes frontales scintillent 600 mètres plus bas. On ne s'attarde pas, et on prend la direction de Grand Place où je parviens en 294ème position (pour la première fois dans le top 300, ça fait du bien au moral) après presque 25 heures de course. A Grand Place (km 103), pour la première fois, j'hésite. Il est presque une heure du matin : dois je m'arrêter dormir 30 minutes ou continuer sur mon rythme? Les quelques lits de fortune du ravitaillement étant occupés, je m'assois par terre et m'assoupis la tête entre les genoux. Le froid me réveille au bout de deux minutes seulement. Après avoir encore avalé mon menu désormais traditionnel (soupe + coca) je me remets donc tout de suite en route pour me réchauffer. Le genou commence à être douloureux mais ne m'empêche toujours pas d'avancer à un bon rythme. Les traversées de ravines entre ilet à Bourse et ilet à Malheur me permettent encore de remonter quelques concurrents et le petit raidillon qui mène à Aurère ne me pose pas trop de problème non plus. Je pointe à Aurère (km 112) en 260ème place. Cela ne m'étonne pas : sur le bord du chemin, j'ai vu beaucoup de raideurs dormir, enveloppés dans leur couverture de survie. Le médecin du poste est un anesthésiste de l'hôpital. Il me dit que le grand Stéph que je pensais très loin devant, est reparti il y a seulement 10 minutes. Je me dis que j'ai peut être une chance de le rattraper et, pourquoi pas, de finir avec lui. Je ne m'attarde donc pas et repars sur le chemin. Malheureusement, c'est à partir de là que les choses vont commencer à se gâter. Alors que le genou gauche commence à être franchement douloureux dans la descente vers Deux-Bras, je ressens les premiers signes d'une autre tendinite. Cette fois, c'est le releveur du pied droit qui est concerné (sans doute que j'ai trop tiré dessus pour compenser la faiblesse de l'autre jambe). Arrivé à Deux Bras, dans le lit de la Rivière des Galets, je pointe en 249ème position alors que le soleil se lève laissant derrière moi ma deuxième nuit sans sommeil. Je cherche si je vois Stéphane mais il est visiblement déjà reparti. Comme je sais maintenant que je ne serai plus en mesure de le rattraper, je décide de prendre mon temps à ce gros ravitaillement et passe par le stand m'allonger sur la table en attendant un kiné. Comme il n'arrive pas tout de suite, je m'endors sans même m'en apercevoir. Je me réveille au bout de 30 minutes en me demandant un peu où je suis. Le kiné me fait un strapping très serré au pied droit pour lui éviter de bouger afin que le releveur ne s'enflamme pas trop. Je repars de Deux Bras une heure plus tard en ayant perdu une trentaine de places. Pas grave. Je me suis fait plaisir jusque là en grignotant des places mais je sais que de toutes façons, à partir de maintenant, le classement n'a plus aucune importance. Je suis très en avance sur mes prévisions les plus optimistes. Il ne me reste donc plus qu'à boucler les 25 derniers kilomètres en serrant les dents. La montée de Dos d'Ane se passe plutôt bien et je débouche sur la route après 1h30, en croisant Marcelle Puy descendue à la recherche d'un de ses dalons du CAPOSS. Dominik, une collègue de l'hôpital vient à ma rencontre en haut du sentier et m'accompagne sur les quelques kilomètres de bitume jusqu'au ravitaillement (km 128) où je retrouve aussi ma sœur Sophie. Cela remonte vraiment le moral car je sais que la fin s'annonce très longue et que la douleur sera de plus en plus forte. Sophie s'inquiète de me voir boiter et me demande si ça ira. Je lui dis que je mettrai le temps qu'il faudra mais je ne vais pas m'arrêter à moins de 20 kilomètres de l'arrivée. Je lui promets de l'appeler au Colorado, dernier ravitaillement avant l'arrivée afin qu'elle puisse me retrouver sous le Pont Vinh San. Après 33 heures de course (275ème), j'entame alors la dernière ascension du parcours qui me mène sur la crête de Dos d'Ane. J'ai l'impression de marcher sur le fil du rasoir : le sentier fait moins d'un mètre de large : d'un coté, 800 mètres plus bas, la Rivière de Galets, de l'autre, 300 mètres en dessous, la commune de Dos d'Ane. Impressionnant ! Une fois sur la crête, la succession de petites montées et de petites descentes met mon genou au supplice. Je me fais maintenant dépasser par wagons entiers et c'est dur pour le moral même si je sais que cela durera comme ça jusqu'au bout. Parvenu à la Plaine d'Affouches, je marche lentement sur la route forestière et m'assoupis plusieurs fois sans même m'arrêter. Dormir debout est vraiment une sensation étrange. J'ai quitté Dos d'Ane depuis maintenant cinq heures quand j'arrive enfin au Colorado (340ème). J'appelle Sophie et lui dis que je pense arriver dans environ 1h30. La prévision me semble assez large mais je me trompe en fait lourdement. Cette dernière descente sera un calvaire. A chaque fois que je pose le pied gauche, j'ai l'impression qu'un couteau me transperce le genou. J'avance pierre par pierre et m'arrête tous les 10 mètres. Les larmes me montent aux yeux : je vois le stade en contre bas mais j'ai l'impression qu'il ne se rapproche jamais. Tous les concurrents qui me doublent ont un mot gentil et m'encouragent à les suivre mais je n'y arrive tout simplement pas. C'est trop dur. Au bout de deux heures interminables, je débouche enfin sous le pont Vinh San où m'attendent Sophie, Christophe et ma nièce Maylis. Christophe vient me soutenir pour les derniers mètres de descente et Sophie me donne le tee-shirt officiel que je suis censé porter en passant la ligne d'arrivée. Ils m'accompagnent pendant les 200 mètres de ligne droite jusqu'à l'entrée dans le stade. Je savoure enfin pendant le demi tour de piste qui reste. Ca y'est, j'y suis. Je n'ai plus mal, je finis même par courir pendant les 50 derniers mètres, je passe devant Stéphane L. et son appareil photo sans même le voir. Je ne ressens même plus aucune douleur. Le corps humain est quand même bizarre ! Top chrono : 40 heures et 5 minutes et 405ème au scratch. J'avais prévu 40 heures. Je crois qu'on peut dire que le contrat est rempli. On me remet ma médaille, je réponds aux questions d'un journaliste (les quelques banalités que je lui lacherai seront effectivement retranscrites dans le supplément du JIR du lundi) et je m'allonge sur l'herbe du stade, entouré de Sophie, Christophe et Maylis ainsi que des collègues du boulot et Stéph et Flore qui 'ont gentiment attendus malgré le retard dans le timing ! Je pense à Emilie, mon petit Baptiste et ma petite Margaux qui veut tellement "aller courir dans la montagne avec papa". Partis en Métropole en éclaireurs avant notre retour définitif à la fin de l'année, ils n'ont pas pu être là pour m'accueillir. J'espère que la lecture de ce petit récit leur permettra de vivre cette aventure par procuration. Merci au grand Stéph pour m'avoir amené avec lui à A2R. Merci à Séb pour son plan d'entraînement aux petits oignons (et bravo pour ta perf ! Enorme !!!) Merci à Joël pour le matos : aucun souci de ce côté là. A peine une moitié d'ampoule au pied droit. Merci à Yan pour avoir souvent servi de pont de mire dans les séances de fractionné. Merci à Florent pour son réservoir de blagues inépuisable Merci à Stéph et Flore pour les photos, les gels, les encouragements et tout le reste ! Merci à A2R, merci à vous tous pour ce que vous m'avez permis de faire !

Damien
Par Damien - Publié dans : Récits de courses
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 05:57
 

Sur ce cross, de 20 min, j'ai fait 7 tours de collège. Ça a commencé sur le terrain de football, sous le collège, on était à peu prés 130 à courir, on a fait un tour et demi de terrain et on est sortis par le portail de derrière. On est montés dans le collège, c'est là que Noë m'a lâché, j'étais encore dans les derniers (entre les 110 et les 120) j'ai tourné à gauche, il y avait un peu de plat puis je suis arrivé là où on devrait arriver, j'ai tourné à droite, je suis passé dans le couloir, il y avait dix escaliers puis encore dix et on est arrivé dans une cour sur notre gauche, on l'a traversé et il y avait la grosse montée (d'ailleurs c'est ici que j'ai doublé le plus de concurrents). Ensuite il y a eu du plat à droite puis une descente de 200 mètre et on est revenu sur le plat où l'on devrait arriver. J'ai continué mon chemin, quand j'ai traversé la cour les trois quarts des coureurs marchaient ou trottinaient. Dans la grosse montée, j'ai doublé Alicia (qui fait de l'athlétisme depuis 6 ans et qui est arrivée 2ème dans le scratch du Championnat de Cross de la Réunion). J'ai rattrapé Kéran et Adrien quand j'étais en haut de la descente Kéran était à la moitié et Adrien au trois quarts. On a refait un tour et dans la montée j'ai doublé Kéran. Tout le long du trajet il était derrière moi. Puis je me suis arrêté pour récupérer car j'avais cinq tour d'affilée (Kéran s'était arrêté des milliers de fois mais il revenait à fond) puis arriva le dernier tour! Dans la descente, je courrai le plus vite possible. Kéran et Adrien courrai eux aussi très vite, j'ai doublé une dizaine de concurrents, puis je suis arrivé, 3ème de la classe, 5ème éxécaux de l'école et en tout, 23ème. On est aller prendre un jus de fruits et on est rentrer à l'école. C'était super.

 

Renan

Par Renan - Publié dans : Les courses
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Résultats

Ultra Trail des Pyrénées (UTP) 2009

28- 29-30 Août 2009
152 kms - 9 100 D+
484 partants - 304 arrivants

1er - Régis COUMENGES - 22h 30'
2ème - Nicolas DARMAILLACQ - 22h 30'
3ème - Romain Olivier - 23h 59'
. . .
10éme - Raphaël GUILLE (A2R) - 27h 07'
. . .
16éme - Sébastien LESAGE (A2R) - 28h 03'
 . . .
18ème - Cécile NILSSEN - 28h 25' => 1ème Feminine

Grand Raid des Pyrénées (GRP) 2009

29-30 Août 2009
75 kms - 4 600 D+
335 partants - 304 arrivants

1er - Franck GILLERON - 9h 40'
2ème - Bruno BAREILLES - 9h 47'
3ème - Oscar PEREZ DE NANCLARES - 10h 06'
...
7éme - Benoît DUBIN (A2R) - 10h 55'

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Le Trombinoscope

(en cours de réalisation)

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